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Henri Pérouze
 
       
 
Les collectivités gagneront à se recentrer sur les compétences des agents
Gazette des Communes (interview) - juin 2008

« Les collectivités gagneront à se recentrer sur les compétences des agents » ENTRETIEN Henri Pérouze, consultant en management à Lyon

Comment les collectivités doivent-elles se comporter après les élections municipales ? Celles qui ont de nouveaux élus doivent profiter de cette période pour faire leur « RGPP » ! Il y a là une « fenêtre » unique pour faire le point sur ce qui doit être amélioré, accentué, voire supprimé, en termes de services. Mais attention à la méthode. De même que certains élus arrivent et ne font rien - ce qui est un gâchis -, d’autres, souvent issus du monde industriel, veulent tout casser et suscitent des résistances.

Que recommandez-vous ? Procéder par étapes. D’abord l’écoute : un diagnostic rapide pour demander aux agents leurs idées afin d’améliorer le service rendu. Ensuite, la décision, même si trop d’élus hésitent à donner des priorités. Les cadres, dont c’est la mission, peuvent apporter leur aide. Puis vient la mise en œuvre, via des plans d’actions avec, souvent, l’appui de cellules internes de conseil ou de consultants. Enfin, la phase d’accompagnement et, pour clore l’exercice, celle d’évaluation. L’enjeu est de passer d’un « programme », défini par des élus en campagne, à des projets par service qui vont guider des agents au quotidien. Cette déclinaison passera par la rédaction d’un « plan de mandat », puis d’un « projet de mairie ».

Quel est votre constat, aujourd’hui, concernant la gouvernance des collectivités ? Certaines sont des mécaniques bien huilées, mais d’autres sont des réservoirs d’immobilisme ! Le management, notamment, y est féodal ou paternaliste et, par ricochet, je devine qu’elles vont le moderniser, l’Etat serrant les cordons de la bourse via une RGPP certes brutale, mais nécessaire. La maîtrise des coûts va les encourager. En matière de management des agents, la question qui se pose aujourd’hui est celle de la cohabitation des « statuts ». Les collectivités continuent d’embaucher des titulaires, alors que le mouvement général est de raisonner en termes de métier plutôt que de statut. Résultat, elles regroupent des contractuels et des titulaires - sans compter les salariés d’entreprises en charge de services délégués.

Comment faire coexister ces populations ? Je plaide pour un recentrage du management sur les compétences de l’individu. Est-il compétent, travaille-t-il bien, progresse-t-il ? Voilà les questions qu’il faut se poser. Cela milite pour des dispositifs comme l’évaluation ou la rémunération à la performance. Mais cela éloigne de questions stricto sensu sur le statut. Seule la compétence sera sondée. Du reste, le statut n’est pas si rigide, il autorise des modulations de primes ou d’avancement.

Souhaitez-vous adresser un message « personnel » aux managers, en ce début de mandat ? J’ai été partisan de l’assurance qualité et de procédures pour déterminer qui fait quoi, dans quelles conditions, etc. Mais je suis frappé, depuis quelque temps, par les effets des normes ISO. La certification par une tierce partie provoque trop souvent une régression néo-taylorienne, où l’agent est déresponsabilisé et privilégie l’exécution de la norme à une réflexion sur l’efficience du service. En outre, cette certification est souvent lourde et coûteuse. Une procédure qualité est un beau chantier, mais qui doit surtout faire réfléchir, pas uniquement écrire ou appliquer des lignes de recommandations.

       
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